La Ville de Saint Bruno ignore les citoyens et émettra le permis de construction du Crématorium



Bulletin d’information du COCARH (5 avril 2021)



Le regroupement Citoyens opposés aux crématoriums adjacents aux résidences et habitations (COCARH) est encore plus vivant et actif que jamais pour s’opposer à la construction, par la Coopérative funéraire du Grand Montréal (CFDGM), du colossal crématorium qui serait situé au 5 rue Parent, dans un quartier résidentiel à Saint-Bruno de Montarville.

Nos efforts à tous, tels marches de protestation, signature de la pétition sur le site Cocarh.org, lettres aux gestionnaires de la Ville, affiches à nos fenêtres, discours, rassemblements, ont été utiles pour obtenir une rencontre avec la Ville. Ils semblent cependant insuffisants pour convaincre la Ville qui s’apprête à accorder le permis de construction.

Après maintes et maintes demandes des citoyens, échelonnées sur plus d’un an, la Ville a finalement accepté de rencontrer pour la première fois, le 31 mars 2021, quelques représentants du regroupement des citoyens. La rencontre n’a toutefois pas donné les résultats escomptés. Le maire et ses conseillers, ainsi que le nouveau directeur général de la Ville, ont été complètement silencieux, aucun dialogue n’a été possible avec eux, leur avocat était le porte-parole qui réfutait d’emblée et systématiquement tous les arguments du regroupement.


La Ville maintient toujours sa position en faveur du projet de construction de ce crématorium suprarégional sur un terrain zoné «commerce de voisinage» et situé dans un quartier résidentiel. Elle refuse toujours de reconnaître avoir mal interprété et appliqué le règlement de zonage au détriment de nombreux citoyens des quartiers environnants et au détriment des générations futures qui subiront des préjudices irréparables, en autres en raison des émanations toxiques qu’engendreront la crémation de 6,000 corps par année avec ses deux incinérateurs et éventuellement 9,000 corps lorsque le troisième incinérateur prévu au plan entrera en fonction.


On se demande encore pourquoi la Ville a rejeté le projet en janvier 2020 en prétextant l’innaceptabilité sociale alors qu’elle n’a présenté aucun argumentaire en ce sens au procès et qu’elle dit aux citoyens qu’ils ont tort de s’y opposer, alors que toutes les évidences scientifiques montrent le contraire. Les citoyens se demandent s’ils font l’objet d’une manipulation juridique (payée par leurs taxes) pour apaiser leur grogne et donner l’impression que la Ville les écoute alors que c’est tout le contraire.

La Ville nie avoir commis des erreurs dans la gestion de ce dossier. De plus, elle nie ses responsabilités en matière d’environnement, alors que la jurisprudence démontre clairement que le pallier de gouvernement local (le plus près des citoyens) peut règlementer de façon plus sévère que les normes provinciales si celles-ci sont désuètes et qu’il y a danger pour la santé et la sécurité. Elle refuse de demander à la CFDGM un rapport d’émission de tous les contaminants qui s’échapperont de leurs cheminées, alors qu’elle nous présente un rapport ontarien qui montre que le modèle de four crématoire proposé par la CFGDM émet quantité de contaminants dont les plus toxiques, les dioxines, à 94 % des limites maximales permises par cette province dont les normes sont moins sévères qu’au Québec, et ce à l’extérieur du terrain du crématorium. Imaginez à la sortie des cheminées!

La Ville refuse de reconnaître la densité de la circulation, les problèmes de stationnement et les nuisances qui seront engendrées par l’opération du plus gros crématorium du grand Montréal sur un terrain trop petit, desservi par une minuscule rue dans un quartier résidentiel. La Ville n’a même pas considéré les dangers d’incendies (à côté d’un Pétro-Canada avec 8 pompes d’essence), d’explosions et de radioactivité pourtant bien documentés pour les crématoriums. Elle nie l’évidence de la dévaluation de la valeur des maisons environnantes malgré une étude, par des professeurs d’économie, démontrant l’ampleur de cette dévaluation en fonction de la distance d’un crématorium et des vents dominants.


La Ville est irresponsable. Elle ferme les yeux sur ce projet pour accommoder la CFDGM mais n’en réalise aucunement l’impact catastrophique. Les élus et fonctionnaires de la Ville aimeraient-ils acheter une maison à côté du crématorium? Aimeraient-ils que leurs enfants jouent dans la cour à 50 mètres des cheminées? Croyez-vous que la Ville conservera ses 5 fleurons alors que nous aurons le « costco » de la crémation au Québec? Quelle sera l’image que nous projetterons lorsque nous contaminerons, avec le mercure des émanations, les lacs du village et du Parc national de la SEPAQ? Aimeriez-vous prendre un spa extérieur au Förena Cité thermale dans un merveilleux environnement tout en respirant l’air pollué que les vents dominants apportent du crématorium? Pensez-vous que le beau projet de culture biologique dans le champ adjacent au crématorium et dans lequel la Ville a investi recevra une certification biologique?

Il faut donc continuer notre bataille et ne pas baisser les bras. Soyons solidaires et tenaces, informez-vous, sensibilisez vos voisins et écrivez à la Ville.


Une autre manifestation est prévue dimanche le 11 avril et prendra la forme d’un cortège de voitures à travers les rues de la Ville. D’autres nouvelles actions seront entreprises dans les jours à venir.

Pour plus d’informations, visitez le site Cocarh.org

On ne lâche pas, notre cause est juste!